Adjoint de Claude Onesta dès 2014 puis entraîneur depuis septembre dernier avec Guillaume Gille, Didier Dinart retrouve aujourd’hui à Capbreton le groupe retenu pour préparer le Mondial 2017. Le Guadeloupéen évoque ce premier stage qui va conditionner les prochaines semaines et un parcours victorieux attendu par tous.

Comment va se dérouler ce stage qui lance la préparation au Mondial ?

Il s’agit en premier lieu d’un stage médical et de remise en forme. Les années précédentes, le modèle était Handball le matin et travail physique l’après-midi. Cette année, nous avons décidé de condenser le travail physique afin d’augmenter le nombre de séances consacrées au Handball. Pierre Sébastien, le médecin de l’équipe de France, nous fera un retour des états de forme de chacun. Si nécessaire, on s’obligera à mettre des joueurs au repos, tandis que d’autres, comme William Accambray, devront mettre l’accent sur la préparation.

Comment faire pour mobiliser des joueurs très sollicités avec l’enchaînement des J.O. et des deux saisons consécutives ?

Psychologiquement ou physiquement, les organismes sont fatigués. Mais le fait de disputer un championnat du monde en France où il y a déjà beaucoup d’attente, est une motivation supplémentaire. Au début, y aura peut-être un peu de crispation mais très vite les joueurs vont transformer l’engouement en énergie positive. L’équipe de France a un statut de favori et les joueurs vont tout donner pour qu’elle évolue à son meilleur niveau.

Pourquoi attendre la veille de France Brésil pour annoncer la liste des 16 sélectionnés ?

Nous attendrons en effet jusqu’au dernier moment pour nous prononcer. C’est l’avantage de jouer en France. Si nécessaire, pendant la compétition, nous pourrons solliciter des joueurs qui seront disponibles rapidement car nous avons droit à trois changements (avec le gardien).

Du groupe qui a participé aux J.O., Mathieu Grebille est le seul joueur dont le forfait est connu. Quelle est l’incidence se son absence ?

Son absence est problématique et nous allons devoir trouver de nouvelles perspectives, notamment défensives. C’est précisément durant le stage que nous devons trouver des solutions pour y remédier.

Comment s’organise la préparation des cinq matches du premier tour ?

Nous avons déjà travaillé sur tous nos adversaires en vidéo mais nous avons mis l’accent sur les deux premiers car nous pourrons ensuite nous appuyer sur les derniers matches de nos adversaires au Mondial. Le premier match de la compétition, face au Brésil, est toujours assez spécial. Le Brésil vous avait bousculé en quarts de finale des J.O.

Il faudra être parfaitement prêts pour bien aborder ce match…

Nous allons préparer minutieusement ce premier rendez-vous. Il faudra mettre toute l’action et l’engagement nécessaire afin de bien commencer la compétition. Le premier match entraîne toujours des répercussions, mieux vaut bien débuter pour viser une montée en puissance.

En quoi la défaite en finale des Jeux et la perte du titre olympique génèrent-ils de la motivation ?

Tous les joueurs sont mobilisés pour essayer de gagner le Mondial 2017 et ils vont mettre les bouchées doubles. L’équipe de France n’a pas pour habitude de perdre deux compétitions officielles d’affilée. Après l’Euro et les J.O., il serait bien de redorer notre blason même si la médaille d’argent olympique n’est pas à négliger. Les joueurs se sont préparés pendant deux mois et ont fourni des efforts très importants. Il faut les féliciter pour leur parcours.

La supériorité numérique utilisée par la Belgique le mois dernier à Liège, a encore posé des problèmes à l’équipe de France. Que faire pour y remédier ?

Ce sera l’un des axes de travail à Capbreton. Nos adversaires qui nous imaginent favoris, utilisent la supériorité numérique. Il faut en effet prévoir des systèmes pour contrer ces attaques. Nous concernant, même si nous l’utilisons peu, on s’entraîne aussi là-dessus. C’est une arme que nous devons avoir dans notre bagage.

Le fait de changer – éventuellement – trois fois de site, est-il un inconvénient ou au contraire une façon de se sentir porté par tout le peuple français ?

Nous connaissons le cahier des charges et les joueurs sont habitués à ce type de mouvements pendant une compétition. Disputer le match d’ouverture à Paris sera un moment très fort. L’idée d’y revenir deux semaines plus tard est un objectif majeur. Nantes évoque de beaux souvenirs avec une Marseillaise qui me donne encore des frissons avant le match face aux Yougoslaves. L’atmosphère était hostile envers nos adversaires que nous n’avions jamais battus. Pour résumer ce qui s’était passé ce jour là, je citerai Daniel Costantini « J’ai levé la tête et j’ai vu 9-2 au tableau d’affichage. »

Disputer un tel événement à domicile c’est devoir faire face à des sollicitations permanentes, un traitement médiatique bien plus important. Existe-il des consignes particulières ?

Il y a des règles à respecter et les joueurs savent quand ils doivent communiquer : ce sont des professionnels capables de s’autogérer. Ils sont devenus des personnages publics avec un devoir d’exemplarité à donner. Il y aura beaucoup d’attente et il ne faudra pas avoir peur. Ce qui sortira dans les médias, sera le reflet de ce qu’on aura montré. Il ne faut pas en avoir peur.

Quels sont tes souvenirs du Mondial de 2001 ?

En 2001, c’est le monde du Handball qui regardait le Handball. Aujourd’hui, c’est la France entière qui va nous suivre. Le capital sympathie est énorme. Pendant le Mondial 2001, mes sentiments étaient assez mitigés. Face à l’Allemagne en quart nous étions à moitié morts et Jack nous met ce tir avec poteau rentrant. En finale, nous pouvions être satisfaits de la médaille d’argent. Quand les Suédois marquent, ils font trois changements et Grégory Anquetil a une illumination. Nous étions remplis d’émotion et plus rien ne pouvait nous arriver ce jour là. Je me souviens d’une réception peu après avec Daniel Narcisse. Nous étions plus jeunes… Il me dit : « Mon gars, on est champions du monde, c’est énorme. » On ne savait pas alors qu’on allait refaire ça. D’ailleurs il a fallu attendre cinq ans pour regagner un titre.

Beaucoup de joueurs ont été tes coéquipiers. Comment prendre de la distance dans ton managérat ?

Les joueurs sont professionnels et savent parfaitement ce qui prime avant tout : la performance collective et l’intérêt du groupe. Cédric Sorhaindo, c’est le mini-moi ? Pourtant, la demi-finale des J.O., il ne la joue pas.Qui aurait pensé que Ludovic Fabregas débuterait et que Cédric serait assis à ses côtés pour le coacher ? J’estimais que le joueur qui correspondait à cette demie, c’était Ludo. Notre état d’esprit, c’est la performance avant tout.

Source : ENTRETIEN DU LUNDI – Didier Dinart : « la performance avant tout »

Didier Dinart : « la performance avant tout »

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