Élu dernier président de la nouvelle Ligue AURA (Auvergne-Rhône-Alpes) le 18 février dernier, Alain Ripert revient sur la fusion entre les trois Ligues et présente les objectifs de cette nouvelle entité. La Ligue AURA le privilège de recevoir les Experts pour leur premier match en France depuis le gain de leur 6e titre mondial. Un remake de la finale France – Norvège le samedi 6 mai à Clermont-Ferrand, comptant pour les qualifications à l’Euro 2018.

L’Ascension Phénoménale du Mont-Blanc était-elle plus difficile que la fusion des trois Ligues ?

Les deux étaient compliquées. Avec mon âge avancé et une condition physique précaire, je n’ai pas finalisé l’ascension du Mont Blanc. J’ai manqué d’oxygène et je n’ai pas pu suivre les 12 collègues. Mais nous avons vécu un moment exceptionnel et j’aimerais bien que l’équipe AURA qui se met en place ait aussi l’esprit de cordée.

Le nouveau périmètre de la Ligue AURA est très vaste…

Nous avons fusionné trois Ligues, pour en faire une seule entité. Lors de l’Assemblée Générale élective du samedi 11 février, la Ligue AURA est officiellement née. C’est une très grande Ligue, la troisième de France qui regroupe 40 000 licenciés répartis dans 232 clubs, 18 salariés et un budget de 3,4 millions. En dehors des clubs professionnels, la région la nouvelle recense une centaine de salariés. Le Handball s’est inscrit dans une démarche anticipatrice et apparaît comme un pionnier dans la région AURA.

Avec une seule liste candidate, est-ce à dire que la liste que vous avez conduite incarnait une synthèse ?

Une seule liste, je ne sais pas si c’est une bonne chose car cela pose la question de l’acte démocratique. Pour autant, la volonté des 3 ex-présidents des Ligues d’Auvergne (Martine Boussuge), du Dauphiné-Savoie (moi-même) et du Lyonnais (Pascal Jacquet) était de collaborer pour rassembler une seule équipe et conduire un projet commun. C’est une démarche collective qui ne présageait pas qu’il y est une liste unique. Je me suis présenté pour un seul mandat et je ferai tout au service de la réussite du projet.

Quelles sont les raisons de cette volonté commune ?

Un certain nombre de personnes ont souhaité mettre en œuvre une nouvelle Ligue régionale. Au delà de la volonté, il y a eu un gros travail d’exploration dans tout ce qui avait été entrepris dans les trois Ligues, dans la capacité de pouvoir fusionner, de mettre en place un projet fédérateur pour l’ensemble des 232 clubs. Cette prise de conscience a permis de se lancer dans cette aventure passionnante et humainement riche. Candidater n’était pas un acte anodin qui ne devait pas être simplement nourri d’une ambition personnelle à la recherche d’un pouvoir multiplié.

Où sera installé le siège de la Ligue AURA ?

Il y a eu une fusion avec une Ligue bénéficiaire (Dauphiné-Savoie) et deux Ligues apporteuses (Auvergne et Lyonnais). J’ai défendu l’idée qu’il fallait créer trois établissements avec chacun une entité juridique. Ainsi les sièges précédents ont une compétence juridique : Montbonnot-Saint-Martin, Bron et Clermont-Ferrand. C’est un modèle atypique afin de renforcer le lien de proximité des anciens sièges avec les clubs existants. Cela permet aussi de consolider juridiquement la position des salariés dans chacun des sites. Je crois que le pari est gagné car cela personne ne se sent dégradé et cela permet de conforter la notion de travailler ensemble. L’inconvénient peut être la tentation de continuer à faire la même chose qu’auparavant mais déjà certains ont intellectuellement franchi un cap. Des cultures différentes, il faut en faire une force au sein d’une seule entité au service des 232 clubs.

Mais alors où se réuniront les commissions et le comité directeur ?

Ce n’est pas encore défini. Il faut d’abord faire en sorte que les neuf commissions et les grands services tels que le PPF et l’Institut de formation puissent décliner un projet, des plans d’actions et des organisations internes. Lorsque ce travail sera fait, on positionnera les commissions dans l’un des trois établissements avec l’équipe d’élus qui pilotera les salariés. Nous utiliserons les moyens de communications telles que les réunions téléphoniques, la téléconférence, Skype. Les équipes sont déjà au travail et nous aurons un séminaire les 24 et 25 mars prochains pour faire un point sur l’état d’avancement des dossiers à porter, des collaborations entre les commissions et les services. Nous pourrons déjà dégager des priorités et une organisation va s’affiner pour être présentée à l’A.G. du 24 juin au Puy en Velay.

Quels sont vos objectifs à la tête de nouvelle Ligue ?

Nous avons une grande ambition. Notre souhait est de consolider et de développer durablement le Handball avec une augmentation de notre nombre de licenciés. Pour être crédible, nous devons être en capacité d’offrir à l’ensemble des handballeuses et des handballeurs, des offres de pratique de proximité, par bassins. Ensuite, il s’agit de faire jouer les meilleurs au meilleur niveau de pratique, coller le plus possible à la vie sociétale et politique, avoir des dirigeants, des salariés et des entraîneurs bien formés afin d’être capables de faire évoluer leur métier très rapidement.

Cela passe aussi par l’augmentation du nombre de clubs ?

L’effet Mondial est tangible avec tous les jours avec des nouveaux joueurs qui nous rejoignent. Globalement, dans l’hexagone, nous sommes dans l’incapacité de créer de nouveaux clubs. Leur nombre est stable ou régresse et pour autant l’effectif augmente. Franchement, chapeau aux dirigeants.

Le Mondial 2017 à été un véritable succès ; aussi à Albertville avec trois matches disputés à guichets fermés…

Je suis agréablement surpris mais c’est le résultat d’un objectif et d’une politique. Nous sommes très satisfaits car la Halle Olympique est située dans un bassin de 25 000 personnes et nous avions estimé que le prix des places était élevé et qu’il fallait créer un village-animation afin que les spectateurs puissent partager un grand moment de convivialité, se restaurer et suivre ensemble les matches de l’équipe de France. Sur ce dossier du Mondial, nous avions choisi de mobiliser 2 salariés à plein temps. Cette réussite est le fruit d’un travail d’équipe et collaboratif, je pense notamment à la Municipalité d’Albertville avec Madame le Maire, Martine Berthet, de la communauté de communes, du département, de la région et du club de Chambéry.

En quoi la mise en place de la nouvelle Ligue va t-elle modifier les relations avec les collectivités territoriales ?

Afin que notre organisation colle au plus près des collectivités et à leur mode de financement, nous devons renforcer la proximité, notamment au travers d’une politique par bassins. Nous allons nous appuyer sur les relations fortes qui existent déjà entre les Comités et les institutions. La nouvelle équipe politique à la tête de la grande région AURA se met en place et il sera bientôt temps d’établir une relation plus prégnante pour présenter notre projet et nos objectifs.

Alain Ripert : « Une dynamique collective »

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